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La construction du gazoduc Nord Stream 2 menacée par la France
information fournie par Reuters 07/02/2019 à 18:55

 (Actualisé avec précision sur la position française § 1, 10)
    PARIS, 7 février (Reuters) - La France a annoncé jeudi son
soutien à la révision de la directive européenne sur le gaz, une
position susceptible de remettre en cause la construction du
pipeline Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne. 
    En révisant cette directive, l'exécutif européen souhaite
étendre sa juridiction en matière de marchés de l'énergie et
avoir son mot à dire sur le gazoduc conçu pour relier la Russie
à l'Allemagne à travers la mer Baltique, et voulu par Berlin.
    Dans sa forme actuelle, le gazoduc détenu par la compagnie
d'Etat russe Gazprom  GAZP.MM  et dont la construction a déjà
commencé (l'achèvement est prévu en 2020), dérogerait aux
nouveaux critères européens renforcés. 
    Pour éviter de voir le projet contrarié, Berlin oeuvre en
coulisses auprès des autres capitales européennes pour réunir
une minorité de blocage et empêcher le vote du texte, a-t-on
appris de sources diplomatiques. 
    "La révision de la directive gaz a pour but d'appliquer les
règles du troisième paquet énergie à tous les gazoducs avec les
pays tiers entrant sur le territoire européen. La directive
révisée s'appliquerait au projet Nord Stream 2", a déclaré la
porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors
d'un point de presse électronique.
    "La France compte soutenir l'adoption d'une telle directive.
Les travaux se poursuivent avec nos partenaires, en particulier
avec l'Allemagne, sur les modifications qui pourraient être
apportées au texte", a-t-elle ajouté.
    
    UN SOUTIEN DÉCISIF
    Les Européens sont divisés sur la question : les pays de
l'Est, scandinaves et de la Baltique voient d'un mauvais oeil le
gazoduc long de 1.225 kilomètres, soulignant le risque d'une
dépendance de l'UE à l'égard de Moscou, tandis que d'autres,
comme l'Allemagne, font valoir ses bénéfices économiques.
    Jusqu'alors, les alliés de Berlin, dont la France, l'Italie
et l'Espagne, semblaient réticents à aller contre la volonté du
gouvernement allemand. 
    "La position francaise était connue des autorités
allemandes. On avait pris la décision de ne pas s'exprimer
publiquement", précise-t-on de source diplomatique française.
    De source européenne, on estime ce soutien potentiellement
décisif, dans la mesure où il rendra plus difficile l'obtention
d'une minorité de blocage par Berlin.
    Le projet, dénoncé par les Etats-Unis, est financé pour
moitié par le russe Gazprom  GAZP.MM , avec une participation du
français Engie  ENGIE.PA , des allemands Uniper  EONGn.DE  et
Wintershall  BASFn.DE , de l'autrichien OMV  OMVV.VI  et de
l'anglo-néerlandais Shell  RDSa.L , chacun à hauteur de 10%.
Autant de groupes pour lesquels la directive entraînerait des
incertitudes.
    L'Allemagne ne deviendra pas dépendante de la Russie pour
son approvisionnement en gaz à cause du gazoduc Nord Stream 2, a
assuré jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, en visite
en Slovaquie.  
    La révision de la directive a reçu l'aval du Parlement
européen en mars, un feu vert qui ouvre la voie à une adoption
rapide de la réglementation si le Conseil européen réunissait
une majorité pour l'approuver.   

 (John Irish, Jean-Baptiste Vey et Julie Carriat à Paris, Paul
Carrel, Andreas Rinke et Markus Wacket à Berlin, édité par Yves
Clarisse)
 

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1 commentaire

  • 07 février 17:45

    Décidement le couple franco-allemand a de plus en plus de plomb dans l'aile !


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